jeudi 4 mai 2017

Test ROTOR 2INPOWER

Salut à tous,

J’ai testé le dernier capteur de puissance de la marque Rotor : Le 2Inpower.  Présenté il y a déjà un an, c’est l'évolution du Inpower avec l’intégration de la puissance gauche/droite. Pour toutes les informations technique du produit, je laisse consulter le site Rotor ici. C’est la version aéro MAS qui m’a été fournie. Cette dernière permet de régler finement la position des plateaux Qring et QXL j’y reviendrai en fin de test.

Présentation et emballage soignées.
La première partie du test concerne le capteur et ses capacités à délivrer une mesure fiable. Avant cela il faut le charger à fond pour la première utilisation. Grâce à un embout magnétique, la recharge se fait facilement depuis un port USB ou avec le chargeur fournis en le branchant sur secteur. Une led clignote jusqu'à ce que la charge soit complète. L'autonomie annoncée est de 250 h. 

Recharge + embout magnétique
L’axe de 30 mm me permet d’installer le capteur à la place de mon SRM facilement sans changer de boitier ( press FIT 41/30 sur Canyon)  et en reprenant les mêmes entretoises. Une chance qui va me permettre de switcher plusieurs fois dans les mesures entre ROTOR, P1 et SRM. J’ai monté un plateau rond de 50 mais aussi un plateau de 50 Qring ( OCP 3) et un petit plateau ROTOR Qring de 38 ( OCP 3). 
2INpower Vs Powertap P1

Pour rappel les Osymétric faussent la mesure par surestimation de 3 % sur un SRM ainsi que sur P1 mais pas les Qring. Il fallait aussi le vérifier sur un capteur Rotor ! La mesure de la cadence/vitesse angulaire se faisant grâce à la technologie de l'accéléromètre (prise de mesure en continu à 360°), le INpower et 2INpower ne sont normalement pas affectés par la géométrie des plateaux. J’ai fait les tests comparatifs avec les pédales Powertap P1 fraichement calibrées et contrôlées lors du test du POWER2Max NG.

Les tests ont été réalisés sur 3 sorties. Chaque capteurs étaient calibrés avant de partir et avaient été mis à température ambiante  pendant 20 min afin de pouvoir faire de suite des mesures précises. La partie calibration du Rotor est en 2 opérations. La manivelle gauche doit être à  la verticale, pédale en bas, un chiffre de 1000 apparaît sur le compteur. Il faut ensuite tourner la manivelle sur 2 tours complet et revenir en position basse puis relancer la calibration. Le chiffre doit être cette fois compris entre -200 et + 200. Me concernant il a toujours été de -32 et quelques soit la température. Cette opération n'est à faire qu'une fois d'après Rotor et cela semble justifié de part la technologie employée sur les jauges de contraintes insensibles à la température. 
Tous les efforts du cyclisme ont été balayé dans des intervalles  de 2 min  à 5 s de 200W à 1300W, Assis, danseuse, basse cadence  à hyper vélocité.  On retrouvera ci dessous le récapitulatif Rotor 2Inpower vs Powertap P1.


Watts 2inpower vs P1 suivant position, cadence. ( écart % en violet, ordonnée de droite) 

Lors des tests en live, j’avais déjà remarqué une belle précision du capteur Rotor sur l’affichage des compteurs en comparant avec la puissance mesurée des P1.  Cela s’est confirmé dans l’analyse des fichiers. Que se soit assis , en danseuse, vélocité ou force, le 2Inpower délivre une mesure juste et très proche des P1.  Les écarts restent identiques entre les 2 capteurs que l’on soit sur petit plateau Qring  ou grand plateau rond, un bon point ! On est largement dans la tolérance annoncée de +/- 2 %. Sur les efforts courts et sprints, les écarts s'amplifient mais le précédent comparatif SRM vs P1 a clairement démontré que c'est les P1 qui sont généreuses dans les valeurs sur sprints. Le Rotor confirme également cette dérive des P1. 

Le 2Inpower propose d’afficher la répartition gauche droite, le comparatif avec les P1 donne également des informations très proches. Souvent 1 % de différence me concernant, 2 % dans l’exemple ci dessous avec une répartition inversée…49/51 vs 51/49. 


2INPOWER: 393 watts moy répartition G/D: 49/51

Powertap P1: 394 wmoy, répartition G/D: 51/49

La construction du 2Inpower explique certainement cet écart. Il y a 4 jauges de contraintes logées sur la manivelles droite et 4 dans l’axe. On peut penser que la répartition est plus juste coté pédales P1.  Cela reste une tendance et comme déjà largement évoqué, la répartition change d’un jour à l’autre avec la forme, change dans l’intensité et entre début et fin de fatigue. On comprends par contre tout l’interêt d’avoir une solution de mesure de puissance G/D et non uniquement gauche quand on veut s’entrainer avec précision.

Répartition G/D en fonction de l'intensité
La deuxième partie de ce test concerne l’analyse du pédalage avec le soft et l’application Rotor. Initialement disponible sur PC ou Mac ( + clé ANT+ pour la connexion) , Rotor a également développé une application pour téléphone en profitant de la communication Bluetooth du capteur. Cette dernière permet d’analyser enfin son pédalage sur route et non plus uniquement sur home trainer. Avant cela et sur home trainer ( rouleau) depuis le logiciel pour PC, j’ai tenté de mesurer des différences dans les indices de pédalages ( fluidité, efficience)  en changeant de plateaux, de positions ( hauteur de selle, recul). Cela reste compliqué de voir des changement flagrant, comme sur P1 d’ailleurs. J’ai pu constater qu’entre un grand plateau et petit plateau, mon couple résistant à la remontée de la pédale était plus important sur petit plateau.

Pédalage à droite sur petit plateau : couple résistant de 180 à 360 degrés. 
Pédalage à droite sur grand plateau : couple résistant quasi nul de 180 à 360 degrés.
Certainement un pédalage moins rond sur petit plateau, confirmant aussi mon ressenti d’être plus à l’aise sur les grosses couronnes.  Je n’ai pas trouvé de différence flagrante de rendement affiché entre un plateau rond et un Qring. L’éfficience est annoncée à 95 % à 275 w pour le Qring vs 92.5 % pour le rond à 250 w.  Cela reste du home trainer et un effort lissé, l’indice va aussi varier avec l’intensité. Donc pas simple. La révélation va venir de l’application téléphone et la possibilité de voir ce qu’il se passe sur la route. Avant cela j’ai déjà testé l’application sur home trainer fixe ( Hammer Powertap ) puis Roller puis enfin je suis aller sur la route. On remarque ci dessous que le pédalage n’est pas le même sur un tour de manivelle complet entre un home trainer fixe puis sur roller puis sur route.

Torque G/D home trainer fixe
Torque G/D Roller

Torque G/D Route, pente 5 %

Les courbes semblent démontrer que mon pédalage sur Roller se rapproche le plus de la route. Une analyse graphique qui permet d'expliquer en partie pourquoi la puissance sort plus facilement sur route ou roller vs un home trainer fixe.

Puis vient la visualisation de l’OCP ( optimum chainring position) . Les plateaux Qring proposent 5 positions pour optimiser au mieux le pédalage de chacun. En effet on écrase pas les pédales de la même manière. Les vecteurs de forces ne sont pas toujours tangentiels, certain cyclistes poussent plus ou moins tôt et en inclinant plus ou moins les pédales. Rotor propose déjà un guide pour affiner son réglage avec le ressenti mais là aussi qui dit ressenti dit des erreurs possibles…


Guide du réglage OCP Rotor
Par défaut j’ai toujours mis la position 3 et je me suis habitué depuis des années à cette position. Grace à l’application on peut suivre en live l’indice OCP optimal suggéré . En fonction de l’intensité et du terrain, celui-ci va varier. Cela semble logique puisque l’inclinaison de la pente va modifier le pattern de pédalage, tout comme l’intensité le fait aussi.  Je me suis testé vers 80/85 % de PMA correspondant à l’intensité des contre la montre et grimpées chronométrées. Sur le plat la position grand plateau évolue entre 2 et 3 et plutôt 4 en descente. Concernant la montée, je suis plutôt proche d’un OCP 2 pour des pentes à 5 % et OCP 1 pour 10 % d’inclinaison.

OCP 1 conseillé sur pente raide
J’ai donc changer le réglage du petit plateau en passant l'OCP sur 2 puis 1 pour essayer.  Indiscutablement et pour les cols Vosgiens entre 5 et 7 % autour de chez moi, la position 2 me convient mieux. Grace à l'option MAS du pédalier il sera possible d'affiner la position de l'OCP à +/- 0.5 si besoin. La bonne surprise est que je suis maintenant aussi à l’aise sur le petit plateau en bosse que sur le grand plateau sur le plat. J’avais tendance à préférer garder le grand plateau le plus longtemps possible et cela même en col pour des ressenti de pédalage plus rond comme évoqué plus haut. Indiscutablement le changement de réglage me convient mieux pour les grimpées. C’est vraiment la dessus que j’attendais ROTOR et leur expérience avec les plateaux ovales. Je ne suis pas déçu. L’application couplée au capteur peut donc permettre d’affiner ses réglages plateaux en fonction de son pédalage mais aussi du terrain.  Elle reste perfectible car consomme beaucoup de batterie en mode Torque 360 que j’ai utilisé ( 2H sur Iphone 6s) et n’enregistre pas les données. Il faut donc consulter en live les changements d’OCP et éventuellement faire comme moi des captures d’écran à la volée...Il sera possible d'enregistrer via l'application (mode RIDE)  l'OCA et l'OCP. Ils seront disponible lors de la restitution mais seulement en valeur moyenne sur la sortie.

OCP 2 maintenant

Pour conclure, le 2Inpower est un capteur précis et fiable, l’application sur les efficacités de pédalages est la plus pointue disponible sur le marché pour une analyse terrain. Elle lui permet de se démarquer clairement des autres capteurs pour celui qui utilise ou voudrait passer aux plateaux Qring classiques ou XL et trouver le bon réglage. 

vendredi 14 avril 2017

Les différentes sources de pertes par friction des chaines de vélo.

Salut à tous,

Ayant changé de chaine dernièrement suite à une élongation de 1% mesurée, j’ai eu quelques doutes sur la qualité de la remplaçante. Après avoir mesuré plusieurs fois l'écart de rendement entre les 2 chaines grâce à une double mesure entre un powertap et un SRM, la nouvelle chaine semblait dissiper quasiment autant de watts que l’ancienne pourtant usée de 6000 km . 

Quand on regarde les données existantes et publiées par Friction Fact, on peut déjà constater que le rendement d’une chaine à l’autre peut varier, ainsi que d’un fabricant à l’autre. Que se soit chez Shimano, Campagnolo ou Sram, les chaines perdent plus ou moins du rendement par friction. 

A 250 watts, 1.5 watts de dispersion d'une chaine à l'autre.
Concernant l’élongation on peut suivant l’usure atteindre 1.5 à 2 watts vers 250 w d’après le tableau ci dessous.
Perte par friction à 250 w vs élongation vs plateau usée/neuf

 On notera qu’une chaine Dura ace semble mieux tenir le rendement qu’une Ultegra par rapport à l’usure. Enfin on pourra remarquer l’incidence de la perte mécanique entre un grand plateau usé de 50000 km et un nouveau. De ce coté là , les différences sont assez faibles.

Pour finir avec les chaines et leur rendement , on peut constater qu’il est préférable de roder les chaines pour avoir un rendement optimal. 

De 3 à 8 h de rodage pour un rendement optimal
Suivant la qualité de la chaine certaine vont dissiper d’avantage de watts avec l’augmentation de tension/charge dessus.

En extrapolation 400 W, 3 à 4 watts de perdu entre les extrêmes.
Voilà encore un bel exemple de ce qu’il est possible d’économiser dans les chaines si bien sur on a de quoi le mesurer ! C'est donc un domaine moins évident à optimiser car on ne pourra jamais choisir au moment de l'achat, ni le mesurer sur un banc assez précis...Si la prestation existe,  une équipe professionnelle pourrait faire trier son stock  afin de mettre de coté les plus performantes pour les courses ou jour de contre la montre par exemple.  Toujours est il que si on a la puissance pour dégager 350/400w assez longtemps, il devient très intéressant pour une épreuve clé de posséder la bonne chaine ( triée) , du meilleur fabricant et rodée, 6 à 7 watts de gain sont possibles de gains à la clé ,  non  négligeable ! 

jeudi 6 avril 2017

Comparatif Power2max NG vs Powertap P1

Salut à tous,

J’ai pu avoir des tests sur le dernier capteur de puissance Power2max  NG grâce à l’aide d’un fidèle lecteur du blog. Merci à Sylvain Leroy de m'avoir permis ces analyses. Sylvain est un passionné de vélo et des capteurs de puissance depuis des années. Il possédait déjà un SRM et Power2max type S puis a commandé le nouveau NG. Il était donc intéressant de pouvoir lui envoyer  des pédales Powertap P1 pour une étude comparative poussée du NG ( séances spécifiques de tests) et avoir ses ressentis par rapport à l’ancien modèle mais également par rapport à son SRM. 

Power2max NG vs Powertap P1
Son Power2max NG est la version Cannondale.  Power2max annonce une précision de mesure poussée à +/- 1 % au lieu de 2 % , une batterie rechargeable, un petit gain de poids, une connexion ANT + et bluetooth ( mise à jour firmware).

Pile rechargeable.
Fabrication du NG: source https://bikeboard.at/
Les pédales P1 sont les derniers modèles produits avec quelques correctifs sur la danseuse et la cadence.  En effet certains modèles fabriqués entre fin 2015 et mai 2016 présentaient une surestimation  de la mesure en position danseuse et à haute cadence ( > 100 tr/Min). Me concernant et par rapport à mes premiers tests,  mes P1 d’origine, mainte fois contrôlées n’ont jamais eu ces ennuis. On pourra retrouver une étude des P1 vs SRM réalisée par Maxim FREMEAUX , sous la responsabilité de Fred Grappe ici. On constatera qu’il y avait des sessions ( températures froides et fiablité ?) qui surestimaient beaucoup plus la puissance que d'autres.


 Mes dernières P1 ont été comparée à la référence actuelle SRM. Le SRM a été vérifié à 100 % en usine en Aout 2016 et j'ai encore contrôlé sa pente juste avant le test.

SRM vs P1
On retrouve ci-dessous le graphique comparatif de différents efforts entre 200 à 1300 watts en variant positions et cadences.

200 à 1300 w en variant position et cadence
Les P1 semblent toujours généreuses pour le calcul des sprints et très proches pour le restant des intensités. Je n’ai pas noté d’effet cadence ou danseuse engendrant une surestimation des watts. Les P1 sont donc dans la tolérance annoncée de +/- 1.5 % sur la plage 200 à 700 w mais hors tolérance sur les sprints ( + 6 % moy) . Les sprints restent cependant stables dans la surestimation, on pourra donc constater des progrès dans ce domaine pour un coureur.  

Le power2max NG a aussi été testé selon les mêmes protocoles assis / danseuse / cadence de 200 à 1100 watts dont les résultats sont dans le tableau comparatif ci dessous et représente les résultats de 3 sorties .

Comparatif NG vs P1

 On note une sous estimation sur les sprints de l’ordre de 7 à 8 % mais sachant que les P1 ont tendance à surestimer de 6 %, on peut donc penser qu’il serait assez proche d’un SRM. J’ai récupéré une info où le NG semble capable de mesurer très précisément 1000 watts sur un banc de mesure. 


https://bikeboard.at/
1000 watts NG: https://bikeboard.at/
On voit sur le graphique un léger décalage dans l’acquisition du pic de puissance. Il est possible que les P1 soit plus rapide dans ce domaine, permettant de mieux saisir le pic de force x vélocité mais ce n’est qu’une hypothèse.

Pour le restant des données le NG se comporte bien et suis assez  fidèlement les P1 sauf sur un domaine : la cadence. Il semblerait en effet que celui ci sous estime les efforts  de 5 à 6 % dès que la vélocité dépasse 100 tr/Min. Nous n’avons pas pu vérifier sur des puissances très hautes mais remarqué ce souci sur les 3 sorties de test….Une autre étude est en cours avec denouveau Maxim FREMEAUX aux commandes :  il compare power2max NG vs powertap G3 ( les 2 capteurs sont neufs)et il n’a pas eu de soucis concernant la cadence d’après ses premiers retours, merci à lui pour le partage !  Il va refaire des tests avec des P1, il faudra donc peut être encore patienter pour se prononcer définitivement. La pente du NG se rapproche de celle des autres capteurs même si on peut voir sur le comparatif ou bien le PPR de la sortie ci dessous qu'il y a toujours une légère tendance à la sous estimation mais celle-ci est assez constante pour entrainement de qualité.

PPR 0 à 700w d'une sortie.
Sylvain n’a par contre pas apprécié la relative lenteur de l’affichage lors des changements de puissance pendant les accélérations. On retrouve clairement le fonctionnement des Power2max avec toujours ce petit manque de pêche à l’affichage. 

Comme souvent il faut rester prudent avec les premiers modèles qui sortent ( tous constructeurs confondus) et un test 6 mois après une sortie peut s’avérer plus pertinent si des améliorations ont été apporté.  L’article sera mis à jour dès que nous aurons plus de certitudes sur le calcul des watts et la cadence.

dimanche 2 avril 2017

Selle Spécialized Power et positionnement Body Geometry Fit

Salut à tous,

Dernièrement j’ai eu l’occasion de tester la méthode de positionnement Spécialized Body geometry fit à Véloworld Montbeliard. Merci à Florian de m’avoir accueilli et proposé de tester/comparer mes réglages avec ceux retenus lors de mon dernier test Bike Fitting au COPS de Besançon.

Prise de cotes
Les cotes du vélo sont mesurées avant modification ainsi que le pédalage controlé par caméra vidéo ( angle cheville, genou, angle ainsi que pédalage dans l’axe). Le bonhomme est également inspecté de toute part, plusieurs reportages sont disponibles sur le net détaillant le principe ici.

Analyse du pédalage
Après analyse, il en ressort que je n’ai pas de points bloquants ou difficiles pour le pédalage sur un vélo. Articulations, cotes (longueur de jambes notamment), souplesse sans limite, tout semble ok.

Le premier constat après vidéo est bon : les angles sont corrects ( 150 degrés sur cheville, genou, hanche)  et très peu de retouches semblent nécessaires. Un bon point en accord avec l’étude Bike fitting.  On constate un léger désalignement du  genou gauche pour un pédalage parfait dans l’axe. C’était un problème également constaté sur Bike fitting, corrigé en partie avec l’ajout d’une petite cale et une semelle orthopédique pour limiter le basculement du bassin. Le concept Spécialized associé aux chaussures préconise un pédalage sur l’avant de la pédale, il faut donc placer le repère des cales entre le premier et 5 ème métatarse et non le premier métatarse. 


Voilà pourquoi il est quasiment impossible de se régler sur le 1er méta ( sauf avec cales speed play) si vous avez des chaussures Spécialized. L’autre recommandation est un pédalage avec un angle de 145 degrés. On parle donc me concernant de quelques mm pour le réglage cales et également pour la hauteur de selle pour aligner axe genou, cales et faire coïncider cela pour 145 degrés d’angulation au point bas.

Le gros changement va venir de la selle. Après analyse de la largeur de mes appuis ( tubérosités ischiatiques, pas possible sur Bikefitting), il semblerait que ma selle SLR était trop étroite engendrant un point d’appui trop centré sur le périné. Il est  vrai qu’après 3 h de sortie et malgré des bons cuissards, j’étais content d’arrêter même si aucune blessure ne m’a jamais ennuyé. Une selle Power de 143 mm ( SLR 130 mm) est essayée et mise en place. 

Immédiatement je sens la différence d’appui. Le pédalage sur vidéo est aussi flagrant, le bassin est mieux maintenu et me permet d’avoir un pédalage parfait dans l’axe même à gauche en ayant enlevé cale et semelle spécifique. Un essai de pédalage à 280 w ou I4 pour moi montre une répartition G/D passant de 47/53 (également constaté sur bike fitting) à 49/50.

47/53

49/51
J’utilise cette selle depuis 15 jours et je dois dire que je suis enchanté dans le compromis confort et maintient/transfert de la puissance. Ci dessous on retrouva la répartition moyenne du pédalage gauche/droite avant et après modification

Spectre G/D en fonction de l'intensité sur une sortie route avant modification

Spectre G/D après modification, mieux centré autour de 50/50 passé 300w
Selle power; réglage horizontale sur 3/4 avant
Pour conclure, je dirai que l’étude body fit se rapproche assez dans le positionnement finale de celle réalisée sur Bike Fitting. Le choix de positionner le pied assez en avant sur la pédale pourra déranger certain, il est justifié par un confort articulaire meilleur sans dégrader ( ou si peu) le rendement. La vraie amélioration  de cette étude reste le correctif de la selle, un point essentiel vu les nombreuses d'heures passées dessus. !

jeudi 9 mars 2017

Roues à disques: le point sur les nouveaux avantages.

Salut à tous,

Avec l’arrivée des freins à disques, on observe une évolution des roues à pneus. Le fait d’avoir un passage de roue élargie sur le cadre et plus du tout de contraintes d’échauffement sur les jantes permettent aux fabricants de proposer une évolution intéressante. Ces roues se veulent une nouvelle référence pour l’aérodynamisme, le roulement et le confort.

Test en soufflerie des roues ENVE
Enve et DT Swiss (association avec Swiss Side) communiquent beaucoup sur leur nouveaux produits en donnant accès aux tests de mise au point. Décryptage !

L’aérodynamisme reste toujours au cœur des priorités puisque c’est toujours le facteur N°1 de la performance en cyclisme. Le cycliste représente bien sur la majeure partie de la résistance aérodynamique. 



Concernant la roue : trainée, maniabilité et efficacité sont les priorités.


La roue avant est la zone où se concentre l’essentiel de la recherche pour 2 raisons: Premièrement en cas de vent latéral, c’est le pilotage ( steering moment)  qui est le plus pénalisé. Il faut donc une roue peu sensible au vent. 


Deuxièmement les perturbations aérodynamiques liées au cadre pour la roue arrière sont très dépendantes du cadre en lui même engendrant des résultats différents.  Les fabriquants proposent donc des simulations de mise au point sur la roue avant + une partie du vélo.

Simulation roue avant + semi cadre
Il faut donc qu’une roue soit à la fois bonne en aérodynamisme dans le sens de déplacement mais aussi par rapport au vent latéral pour économiser des watts.  Plus la jante est haute et plus la résistance au vent latéral risque d’être élevée limitant ainsi le gain aérodynamique…Les profils goutte d’eau sont maintenant largement développé pour cela. 

Exemple avec les profils Firecrest ZIPP
On peut trouver ci dessous un graphique de comparaison sur les quelques roues leader du marché avec les profils de 46 mm.

Enve vs Zipp vs Reynolds

 La roue doit aussi être développée en fonction des pneus. Le 25 mm est devenu un standard mais il est possible que le 28 mm devienne la prochaine référence. L’élargissement des jantes n’est pas uniquement lié à la forme goutte d’eau recherchée, il est aussi pour le rendement du pneu. Un pneu gagne en rendement car il prend du volume sur une jante large. 

Roulement en fonction de la largeur interne de la jante
Il y a du coup un double gain car il est maintenant possible de mettre un 28 mm sans que celui ci déborde et soit néfaste à l’aérodynamisme latéral.

Jante étroite + 28 mm
Jante large + 28 mm

Cela reste vrai jusqu'à une certaine vitesse (35 km/h graphique ci dessous), ensuite le pneu étroit risque tout de même de l’emporter car il offre moins de résistance aérodynamique ( sans vent latéral)

25  mm vs 28 mm: roulement vs aéro.
L’avantage des pneus large ne s’arrête pas là. On peut moins les gonfler pour un roulement identique avec du coup un gain en confort et de grip pour les virages.

Roulement vs pression vs largeur
Plus de confort, plus de grip en 28 mm
Les pneus plus larges sont également un peu plus hauts. A pression égale, ils présentent donc une meilleure protection contre les crevaisons par pincement.



Toutes les nouvelles roues à pneus sont de plus tubeless ready pour encore améliorer la sécurité (déjantage limité) et le confort si l’on souhaite rouler en tubeless. Mais comme déjà évoqué dans mes tests, un tubeless performant est encore trop fragile et présente une durée de vie très réduite sur la bande de roulement.

L’argument du freinage par toutes conditions et sans échauffement de la piste n’est donc plus le seul point positif des vélos équipés roues à disques. Ces dernières permettent de faire évoluer la donne dans le compromis rendement, confort et pilotage. Pour une utilisation mixte (plat et montagne) et même avec un embonpoint de 500 g ( roues + pneus larges + manettes hydrauliques), cela devient très intéressant. Il n’y aura aucune perte sur le rendement général puisque le roulement des pneus permettra de gommer de suite le surplus de poids. Avec plus de confort, le cycliste pourra certainement enchainer les mêmes kilomètres avec une fatigue moindre. Seul les grimpées à fort pourcentage et faible vitesse de déplacement (roulement faible) permettront encore au version très light des roues + équipements de garder un petit avantage. On parle d’optimisation ici bien sur,  quelques watts et du confort en plus , peut être pas encore de quoi revendre son vélo ( quoi que, cf gros descendeurs et rouleur sous la pluie régulier) mais on sent bien que tous les fabricants poussent fort vers cette technologie. Reste la problématique de la cohabitation avec les autres vélos lors des freinages puissant et du risque de coupures lors des chutes ( carrénage).